Culture, LoisirExposition, Sortie Renaissance d’une œuvre . La “Vierge à l’Enfant” de Michel Colombe

Le musée des Beaux-arts de Tours et le Louvre s’associent pour organiser une exposition-dossier autour d’une œuvre exceptionnelle de la production tourangelle du début du 16e siècle : la Vierge à l’Enfant de Michel Colombe, acquise par le Louvre en 2022.

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Le musée des Beaux-arts organise une exposition-dossier autour d’une œuvre exceptionnelle de la production tourangelle du début du 16ᵉ siècle : la Vierge à l’Enfant, dite aussi Vierge de La Carte de Michel Colombe (Bourges, vers 1430-Tours, 1512). Cette exposition sera aussi l’occasion de découvrir l’œuvre monumentale de Michel Colombe : le Tombeau de François II (environ 4 mètres sur 2,5 mètres, habituellement à la cathédrale de Nantes) dont plusieurs sculptures seront installées au cœur de la cathédrale Saint-Gatien de Tours . Cette exposition est d’autant plus remarquable qu’il est l’objet d’un partenariat unique avec le musée du Louvre qui prête à cette occasion nombreuses de ses pièces.

Cette sculpture, redécouverte au tout début du 20ᵉ siècle au château de La Carte à Ballan-Miré près de Tours, et attribuée à Michel Colombe, n’a été visible qu’une seule fois par le grand public, lors de l’exposition France 1500 (Paris, Grand-Palais, 2010-2011).

La monumentalité et la dignité de la figure de la Vierge, la qualité des détails en font une œuvre unique et fascinante. C’est cette qualité, et son statut d’œuvre de référence de la première Renaissance, qu’a reconnu son classement au titre des Monuments historiques en 1976 pour éviter son exportation.

Après une tentative infructueuse, le musée du Louvre a finalement pu acquérir en 2022 la statue de terre cuite de la Vierge à l’Enfant. L’idée s’est alors imposée comme une évidence : cette œuvre devait être vue à Tours. Le prêt de la statue est l’occasion de présenter pour la première fois cette pièce unique dans son contexte de création.

Tours, «capitale des arts» à la Renaissance


L’exposition du musée des Beaux-arts de Tours vise à éclairer le caractère unique de cette sculpture en la replaçant dans le contexte des commandes artistiques du grand financier Jacques de Beaune, alors grand-argentier d’Anne de Bretagne reine de France, en la comparant à des statues de Vierge à l’Enfant du Val de Loire, et en retraçant son histoire matérielle plus récente grâce aux découvertes révélées lors de l’enquête réalisée par le C2RMF à l’occasion de sa restauration.

Tours, en effet, a été durant cette période une véritable « capitale des arts » grâce à la présence de la cour et à une commande locale édilitaire et religieuse dynamique, grâce à la présence de la cour, d’une commande locale édilitaire et religieuse dynamique et d’artistes d’exception, au premier chef desquels Michel Colombe pour la sculpture et Jean Fouquet pour la peinture. Leurs productions et celles de leurs collaborateurs ont fortement participé à l’identité culturelle et artistique du Val de Loire.

Jacques de Beaune, un commanditaire prestigieux


La commande de cette Vierge à l’Enfant a très vraisemblablement été passée par Jacques de Beaune à Michel Colombe pour la chapelle du château de la Carte (actuelle commune de Ballan-Miré). Maire de Tours en 1498-1499, gouverneur et bailli de Touraine en 1516, il devient une figure essentielle du pouvoir en accédant à la supervision totale des finances du royaume sous François Ier, avant d’être disgracié et pendu en 1527.

Selon les usages de son temps et de son milieu, Jacques de Beaune a mis en scène sa réussite financière et sociale dans ses propriétés, dans les chapelles et églises qui leur sont liées, et par ses commandes artistiques. Cette brillante activité de commanditaire s’inscrit principalement en Touraine, dans une relation étroite avec les artistes locaux les plus brillants. Château, hôtel particulier, fontaine, tapisseries, vitraux, sculptures, enluminures… sont évoquées dans une scénographie déployée autour de la Vierge de La Carte.

Ainsi, après l’exposition Tours 1500. Capitale des arts, et Le Sceptre & la Quenouille. Être femme entre Moyen Âge et Renaissance, le musée des Beaux-arts prolonge l’étude de cette période fondamentale qu’est la Renaissance pour l’histoire de la ville et de sa région.

Une exposition à voir également à la cathédrale de Tours


La redécouverte du talent de Michel Colombe ne saurait être complète sans un dialogue avec une autre de ses réalisations d’envergure : le Tombeau de François II, duc de Bretagne, et de sa femme Marguerite de Foix (1502-1507), habituellement conservé dans la cathédrale de Nantes et lui aussi récemment restauré. Grâce à l’engagement conjoint des Directions des Affaires culturelles des régions Pays de la Loire et du Centre-Val de Loire, plusieurs sculptures de ce monument sont exceptionnellement exposées dans la cathédrale de Tours et ainsi rapprochées du Tombeau des enfants d’Anne de Bretagne et Charles VIII (v. 1500-1506), également réalisé par Michel Colombe et ses collaborateurs.

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