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Conserver des milliers d’objets et d’œuvres d’art n’a de sens que si on les partage. Les publics sont donc au cœur de la mission du musée du 21e siècle. Les œuvres et objets conservés par le musée sont des témoins d’une histoire européenne et française qui s’est inscrite depuis des siècles dans un univers mondialisé, fait de rencontres, d’influences, d’échanges et de conflits. Les collections parlent d’un passé qui vit encore et dont nous sommes les héritiers. Notre mission, en tant que professionnels de la culture et du patrimoine, est de donner des clefs pour connaitre et comprendre ce passé afin de mieux appréhender les enjeux de la société du présent.
Le musée des Beaux-Arts de Tours est situé dans l’ancien palais épiscopal, à proximité de la cathédrale dans le Vieux-Tours.
Le musée est notamment connu pour ses collections variées qui vont de l’Antiquité à l’art contemporain. Il est également réputé pour son jardin à la française, pour abriter Fritz, un éléphant d’Asie empaillé, et son cèdre du Liban classé. Le site est classé au titre des monuments historiques depuis 1983.
Installés au plus près de la Cathédrale depuis le 4e siècle de notre ère, les archevêques de Tours ont progressivement agrandi et reconstruit le palais pour en faire un magnifique lieu de résidence.
Le musée des Beaux-Arts de Tours est installé dans un bâtiment historique d’une qualité exceptionnelle. Le site est d’une importance capitale pour l’histoire de l’antique Caesarodunum; le musée abrite en ses souterrains la plus belle inscription lapidaire à la gloire des Turons. Les premiers évêques avaient choisi de s’installer à proximité de la cathédrale, dans un palais longeant le rempart du 4e siècle.
Autre vestige de cette période, une chapelle adossée au palais des archevêques datant du 4e s. et reconstruite en 591 sur ordre de Grégoire de Tours. Cet édifice fut transformé au 12e siècle et en partie détruit au 17e siècle lors des aménagements du nouveau palais archiépiscopal de Monseigneur Bertrand d’Eschaux. Au 12e siècle fut bâtie l’aile dite du Synode. Constamment transformée au cours des siècles, cette immense salle où se rassemblèrent à deux reprises (1468 et 1484) les Etats généraux du royaume de France est l’un des lieux historiques les plus évocateurs de l’histoire de Touraine.
Monseigneur Rosset de Fleury paracheva l’ensemble grâce à la construction du palais à fronton et attique et l’aménagement des terrasses dont la courbe suit le tracé de l’amphithéâtre romain. Enfin, Monseigneur de Conzié fit élever en 1775, à la place des anciennes écuries, l’imposant portail et l’hémicycle de la cour d’honneur. Il transforma en chapelle archiépiscopale l’ancienne salle du Synode et fit exécuter à cet effet une colonnade à l’antique.
Après 1789, le Palais des Archevêques devient théâtre, Ecole Centrale, bibliothèque puis par arrêté départemental du 6 octobre 1792 et à l’énergie passionnée du fondateur de l’école de dessin de la Ville, Charles-Antoine Rougeot et de son gendre, Jean-Jacques Raverot, devint dépôt des œuvres saisies à la Révolution.
Le musée ouvre au public dès mars 1795, puis est créé officiellement par Décret en 1801. En 1802 et durant tout le 19e siècle, les bâtiments sont à nouveau affectés à l’archevêché. Les œuvres quittent donc ce lieu et déménagent dans des locaux provisoires, dans l’ancien couvent de la Visitation, puis dans l’ancienne intendance, avant que ne soit inauguré en 1828 un bâtiment créé spécialement pour accueillir le musée en bord de Loire, place des arts, aujourd’hui place Anatole France.
Ce n’est qu’en 1910, date à laquelle la ville devient propriétaire des lieux, que les collections réintègrent l’ancien palais archiépiscopal.
Les collections couvrent toute l’histoire de l’art : l’Antiquité avec des céramiques grecques et étrusques, sculptures romaines. Le musée conserve aussi une collection exceptionnelle constituée au fil des siècles.
Le fonds le plus ancien du musée est constitué d’œuvres saisies en 1794 dans les maisons d’émigrés, les églises et les couvents, en particulier les grandes abbayes de Marmoutier, de Bourgueil et de La Riche, ainsi que des tableaux, des sculptures antiques et des meubles provenant du château de Chanteloup, de Richelieu. Parmi les plus célèbres citons Blanchard, Boucher, Boulogne, Houël, La Fosse, Lamy, Le Sueur, Parrocel, Restout. Disposées pour la plupart dans de magnifiques salons de réception, ces œuvres évoquent, grâce à la présence d’un riche mobilier, la vie dans un palais au 18e s.
Dès sa création officielle en 1801, le musée bénéficie de l’envoi par le Muséum Central (futur musée du Louvre) de trente tableaux dont une série de morceaux de réception de l’Académie royale de peinture (Jean-Marc Nattier, Jean-Bernard Restout, Jacques Dumont le Romain). C’est à cette époque que le musée reçoit l’Ex-voto de Rubens et les chefs-d’œuvre de la Renaissance italienne que sont les deux panneaux d’Andrea Mantegna.
Au cours du 19e siècle, la ville de Tours acquiert deux lots importants de peintures où le 18e siècle français et italien est bien représenté. Dépôts de l’Etat, legs et dons enrichissent le musée tout au long du 19e et 20e siècles d’œuvres de Lorenzo Veneziano, Rembrandt, Champaigne, Corneille, Coypel, Ingres, Largillière, Lemoyne, Nattier, Perronneau, Hubert Robert, Van Loo, Vernet…. Ainsi la collection de peinture française du 18ee siècle est l’une des plus importante de France et la collection de peinture italienne la plus riche de la Région Centre.
En 1963 le musée reçoit le legs du peintre et collectionneur Octave Linet, augmenté de récentes acquisitions, constituant ainsi une exceptionnelle collection de Primitifs italiens, la plus riche de France après le musée du Louvre.
Le dix-neuvième siècle est également bien représenté, depuis l’école néo-classique (Suvée, Taillasson), le romantisme (Vinchon), l’orientalisme (Belly, Chassériau, Delacroix), le réalisme (Bastien-Lepage, Cazin, Gervex) jusqu à l’impressionnisme (Monet, Degas) et en sculpture avec Barye, Bourdelle, David d’Angers, Rodin…
Les 20ᵉ et 21ᵉ siècles complètent l’ensemble avec des sculptures Art Déco et des œuvres e Geneviève Asse, Briggs, Buraglio, Calder, Davidson, Debré, Max Ernst, Maurice Denis, Gaumont, Peinado, Zao Wou-ki.
Le musée conserve près de 18 000 pièces, dont 1 000 exposées. Les autres, en réserve, sont étudiées, restaurées et régulièrement présentées lors d’expositions temporaires. Ce renouvellement constant permet au musée de rester vivant et d’offrir sans cesse de nouvelles découvertes aux visiteurs.
Le musée conserve près de 18 000 pièces, dont 1 000 exposées, et couvre un large champ de l’histoire de l’art.
L’Antiquité est représentée par un ensemble de céramiques grecques et étrusques provenant surtout de la célèbre collection Campana, qui comptait environ 15.000 pièces ! Les sculptures romaines appartenaient quant à elles essentiellement à la collection du cardinal de Richelieu.
Le musée conserve une collection exceptionnelle de Primitifs italiens, rassemblant des maîtres florentins, bolonais ou siennois des 14e et 15e s. Les collections médiévales comptent aussi un bel ensemble de sculptures, provenant notamment de l’ancienne basilique Saint-Martin de Tours (12e s.) ou de monuments tourangeaux du 15e s. A ne pas manque deux panneaux d’Andrea Mantegna (Padoue 1430/1431- Mantoue,1506) Le christ au Jardin des Olivier et La Résurrection (1456-1459) ainsi que les deux panneau de Jean Bourdichion Le Christ bénissant et La vierge en Oraison (Tours, vers 1480) classées Trésors Nationaux.
Les peintures du 16e s., surtout issues des écoles nordiques et italiennes, illustrent notamment le courant maniériste et le genre du portrait, qui se développe fortement à la Renaissance. Outre des pièces issues du Nord de l’Europe (Angleterre, Allemagne, anciens Pays-Bas), plusieurs sculptures se rattachent au dynamique foyer artistique tourangeau.
LDominé par la grande peinture française, le 17e siècle est particulièrement riche dans les collections. Eustache Le Sueur et Philippe de Champaigne, fondateurs de l’Académie royale de peinture et sculpture, sont représentés par des tableaux remarquables, avec Saint Louis soignant les malades provenant de l’abbaye de Marmoutier, ou Le Bon Pasteur. Claude Vignon (originaire de Tours), Charles de la Fosse, Gabriel Blanchard ou Louis Cretey complètent cet ensemble.
Grand collectionneur, le cardinal de Richelieu avait réuni dans son château tourangeau une collection exceptionnelle, évoquée ici grâce aux antiques qu’il faisait ramener à grand prix d’Italie.
Au-delà de l’art français, le musée montre une sélection d’artistes européens, parmi lesquels il nous faut citer Rubens et Rembrandt, dont la petite Fuite en Égypte est l’une des oeuvres insignes de nos collections, unique tableau de l’artiste conservé en France, hors de Paris.
Présenté dans les riches salons du palais épiscopal restitués avec leurs décors anciens, le parcours des collections du 18e siècle est l’un des points d’orgue de la visite au musée.
La qualité et la richesse des oeuvres exposées ainsi que leur origine prestigieuse, notamment celles provenant des collections du duc de Choiseul et du duc de Penthièvre au château de Chanteloup, fondent à juste titre la renommée du musée des Beaux-Arts de Tours.
Régulièrement sollicitée pour des expositions internationales, la collection réunit les plus grands noms du siècle et témoigne à son plus haut degré de ce moment de l’art français. Enrichie par l’envoi de l’État en 1803 d’une série de morceaux de réception de l’Académie royale de peinture – les chefs-d’oeuvres réalisés par les peintres pour intégrer cette institution –, elle est un passage incontournable pour l’amateur comme pour le spécialiste.
Le 2ᵉ étage présenter une sélection de l’importante collection d’oeuvres que le musée a pu réunir pour la période. Avec plus de 1500 numéros, elle déroule toutes les formes d’art : peinture, sculpture, objets d’art et mobilier.
Outre des peintres prolongeant l’héritage de David avec une esthétique réinterprétant l’antiquité, le musée fait la part belle au Romantisme grâce à Delacroix et Chassériau.
Au-delà de ces figures tutélaires, c’est le spectre très large des expressions artistiques des années 1830-50 que permet de découvrir le musée, grâce à des personnalités comme Vinchon ou Signol, dont le tableau Folie de la Fiancée de Lamermoor est l’une des icônes du musée.
C’est aussi le panorama d’un siècle riche en inventions artistiques que propose le parcours, avec les portraits réalistes de Jules Bastien-Lepage et d’Henri Gervex, ou l’impressionnisme de Claude Monet et Edgard Degas. Enfin, il faut noter la présence importante de la sculpture dans les collections grâce à Auguste Rodin ou les Tourangeaux François Sicard et Camille Alaphilippe.
L’art moderne et contemporain est peu représenté au musée mais l’on y rencontre des œuvres remarquables. La collection comporte ainsi un superbe fond de sculptures des années 1900-1940 et, plus étonnant, d’artistes scandinaves.
La collection est nourrie des artistes qui ont fait de Tours et de sa région leur territoire d’adoption. Les liens étroits d’Olivier Debré avec le musée permettent aujourd’hui de présenter un ensemble de grands formats exemplaires de sa pratique. Max Ernst puis Alexandre Calder ont aussi fait souche sur les bords de Loire, ce qu’évoquent leurs œuvres présentées dans nos salles.
Ce parcours resserré permet aussi de distinguer quelques-uns des courants qui vont émailler le siècle, du néo-impressionnisme d’Henri Martin à l’Art déco du sculpteur Marcel Gaumont et du peintre Bernard Boutet de Monvel. Geneviève Asse, Pierre Buraglio, Maurice Denis, Natalia Gontcharova.sont également représentés.
L’ancien jardin privé de l’archevêque a été rénové pour son ouverture au public en 1911. Aujourd’hui, le site abrite un espace composite, réunissant jardin régulier avec plates-bandes à décor de mosaïculture, et petit bois en fond de jardin. Cet écrin de verdure valorise l’ancien palais archiépiscopal reconstruit aux XVIIe et XVIIIe siècles.
L’histoire du jardin est intimement liée à celle de l’ancien palais de l’Archevêché, actuellement musée des Beaux-Arts. Contrairement aux parcs urbains, ce jardin privé n’a pas été conçu comme un lieu de promenade publique, mais comme écrin pour le palais devant lequel il s’étend.
Au IVe siècle, saint Lidoire, évêque de Tours, fait édifier une première demeure épiscopale, à proximité de l’église, future cathédrale Saint-Gatien.
Dès le IXe siècle, Tours devient le siège d’un archevêché et le palais, la demeure principale des archevêques de Tours. Le site est réaménagé à plusieurs périodes et principalement durant la seconde moitié du XVIIIe siècle. À cette époque, Monseigneur Rosset de Fleury fait construire l’aile à fronton. Il réalise également les terrasses dont la courbe suit le tracé de l’amphithéâtre gallo-romain. Dès lors, les textes anciens font mention d’une glacière aménagée dans le jardin. La cour d’honneur est transformée en hémicycle et le portail construit sur les ordres de Monseigneur Conzié, en 1775. À la Révolution française, le palais abrite la bibliothèque, l’école de dessin, le musée des Beaux-Arts, ainsi que les saisies révolutionnaires. Alors que le musée des Beaux-Arts devait s’installer durablement dans l’ancien palais, celui-ci redevient possession de l’archevêque dès 1802. En 1910, la mairie de Tours rachète le palais et le réaffecte au musée.
Peu d’informations nous sont parvenues sur l’histoire du jardin. Au cœur du quartier cathédrale, entouré de nombreux couvents, le jardin aurait été, au XVIIe siècle, ceint de hauts murs, en référence à l’hortus conclusus, jardin religieux clos et évoquant la pureté de la Vierge.
Au XVIIIe siècle, le site est transformé en jardin d’agrément régulier, avec des plates-bandes, un bassin polygonal et un labyrinthe. L’orangerie du palais de l’archevêché accueille des myrtes de Tarente en caisses. Selon la tradition, l’un d’eux serait un cadeau offert par Henri IV aux Jésuites de La Flèche. Les terrasses sont également aménagées en promenade pour l’archevêque, avec la plantation de charmilles. Au début du XIXe siècle, la cour d’honneur est plantée d’un cèdre du Liban, qui aurait été rapporté par le préfet d’Indre-et-Loire, le Général François-René de Pommereul. Grand amateur d’art, il est l’un des principaux acteurs de la constitution des collections du musée des Beaux-Arts de Tours. Haut de 31 m., lien végétal entre le jardin François-Sicard et le jardin du musée, le cèdre du Liban, classé Arbre Remarquable en 2011, est désormais un repère dans la ville.
L’installation du musée des Beaux-Arts dans le palais de l’archevêché permet l’ouverture du jardin au public ; il est alors rénové en un jardin composite entre 1910 et 1911. Séparé de la cour d’honneur par une haie d’ifs taillée en créneaux, le jardin dit à la française s’étend devant le palais, en de grands parterres, menant, en fond de jardin, à un petit bois d’inspiration anglaise avec allées régulières. Ces deux espaces accolés, jardin régulier et bois, sont structurés en fonction du palais, élément central de la composition : les plates-bandes dégagent une vue de l’ensemble de l’édifice, tandis que la promenade dans le petit bois ouvre des perspectives plus furtives. Le groupe de Just Becquet datant de 1880, Faune jouant avec une panthère, hommage à son maître François Rude, est installé au cœur du bois.
Encadrant le grand parterre de gazon, deux plates-bandes sont ornées de mosaïculture. Technique horticole visant à créer des motifs grâce aux végétaux, la mosaïculture naît au milieu du XIXe siècle, avec l’Exposition Universelle de 1867. Dorénavant, le jardinier accède au statut de décorateur. Nécessitant des compétences spécifiques et un entretien coûteux, les parterres de mosaïculture sont alors symboles de la richesse de la ville. Tombée en désuétude au XXe siècle, la mosaïculture connaît un regain d’intérêt depuis les années 2000, grâce aux Mosaïcultures Internationales de Montréal. Tours fait partie des dernières villes françaises à maîtriser et valoriser ce savoir-faire.
Avec ses 31m de haut et ses 33m d’envergure, le cèdre du Liban qui accueille les visiteurs du jardin des Beaux-arts est assurément la plus majestueuse des merveilles du musée.
Planté en 1804, en souvenir de la présence napoléonienne au Proche-Orient, ce cèdre du Liban, aujourd’hui bicentenaire, a atteint des dimensions exceptionnelles qui en font un des plus grands d’Europe : 31 m de haut, 33 m d’envergure et une circonférence du tronc de 7,5 m à 1 m du sol.
Labellisé en 2001 « arbre remarquable » par l’association A.R.B.R.E.S (Arbres Remarquables, Bilan, Recherches, Études et Sauvegarde), il fait l’objet de soins constants de la part du service « biodiversité et patrimoine vert » de la Ville de Tours.
Il prospère jour après jour en puisant suffisamment d’eau du ruisseau souterrain de l’archevêché. Il peut ainsi traverser les périodes de sécheresse de plus en plus manifestes durant l’été en France, en raison du réchauffement climatique de la planète. Jusqu’à ce jour, il n’a subi aucun traitement chimique contre les insectes ou les mauvaises herbes.
Un pensionnaire incongru dans la cour d’honneur du musée.
Ancienne attraction du cirque Barnum & Bailey venu d’Amérique pour une tournée européenne, cet éléphant fut abattu sur les pavés de la ville le 12 juin 1902 après avoir suscité une grande peur aux Tourangeaux. Le périple de sa dépouille s’est alors poursuivi pour aboutir, aujourd’hui, à l’ombre du grand cèdre.
Depuis sa présentation dans la cour du musée, cet « Éléphant Fritz » plus que centenaire, est le prétexte de nombreuses promenades pour des générations de Tourangeaux comme pour les visiteurs de passage.
Remarquablement naturalisé en 1902, cet éléphant d’Asie était auparavant la fierté du cirque Barnum & Bailey. Mais l’infortuné pachyderme connaît une fin tragique le 12 juin 1902, après la dernière représentation tourangelle du cirque. Le départ étant prévu en train, les animaux se dirigent en cortège vers la gare, encadrés et enchaînés par leurs dresseurs. Fritz, agité depuis le début du parcours, est entouré par d’autres éléphants mais il s’énerve brutalement. La foule de curieux venus en nombre sur le chemin est alors prise de panique et l’ordre d’abattre l’animal est donné : il sera étranglé…
La presse locale et nationale s’empare immédiatement de l’incident, en présentant Fritz comme une victime au caractère « amical, paisible et sensible ». Très vite, sa popularité s’installe et, le 4 mai 1903, après sa naturalisation à Nantes par M. Sautot, taxidermiste de réputation nationale, c’est toute la ville de Tours qui accueille avec enthousiasme le retour de « l’ami Fritz ».
Le musée de peinture d’alors, situé dans le bâtiment faisant le pendant à la mairie en façade de Loire, avait ouvert un cabinet d’histoire naturelle en 1853. Le squelette de Fritz y trouve donc logiquement sa place pendant que sa reconstitution naturalisée trône dans le hall d’entrée avec les statues antiques !
Après 1910, Fritz est transféré avec les œuvres d’art dans l’ancien palais des archevêques, actuel musée des Beaux-arts, tandis que son squelette reste à sa place initiale, alors entièrement dévolue aux sciences naturelles. Il y fut détruit dans le gigantesque incendie qui ravagea Tours suite aux bombardements du 18 juin 1940. Mais sa peau sauvegardée, qui connaissait toujours le même succès, subit aussi les outrages du temps. Elle était attaquée par des insectes et menaçait de se désagréger. Les nombreuses plaintes du public poussent la mairie à procéder à une restauration en 1976. Depuis, la transmission générationnelle se perpétue, faisant de Fritz un élément incontournable de l’identité culturelle tourangelle.
Adresse : 18 Place François Sicard 3700 Tours
Horaires : 2026 Lun 09:30-18:00 2026 Mer-Dim 09:00-18:00
Le musée sera fermé le 1er janvier, 1er mai, 14 juillet, 1er et 11 novembre, 25 décembre.